Une histoire amoureuse commence en général par l’attirance d’une rencontre. S’ensuit alors une période de passion où certaines hormones entraînent les amoureux sur le petit nuage de l’idéalisation. Ils sont littéralement transportés par une énergie en mouvement et son flot d’émotions dans un monde où l’autre est LA personne recherchée, la plus belle et la plus parfaite au monde.
Mais un jour, ces hormones de la passion n’ont plus d’effet ; les amoureux reviennent vers le réel (ils se voient mieux tels qu’ils sont avec leurs qualités et leur défauts) et le désir passe sous la sage influence de la raison : c’est le moment où la volonté entre en jeu, où les amoureux peuvent vraiment se choisir, de prendre la décision de construire et de rester ensemble, en prenant en compte les différences et les personnalités. L’amour n’est alors pas seulement une question de sentiment mais il est nourri par la volonté de durer. Certains jours, l’attirance pour l’autre se fera moins sensible mais si le mariage est un projet de vie, la volonté peut aider le couple à prendre les moyens nécessaires pour réanimer la flamme du couple.
C’est seulement quand aimer devient une décision (prise librement) que la fidélité pour toujours est envisageable et que le foyer peut être accueillant pour les enfants. Et c’est seulement quand on se connaît bien (soi-même et l’autre) et quand on n’est plus sous l’emprise de l’attirance physique ou psychique qu’on est libre.
L’amour est la décision, consciente et libre, de vouloir le bien de quelqu’un. C’est pourquoi on peut aimer, même quand la personne qu’on aime n’est pas ou plus attirante. C’est pourquoi Mère Thérèse de Calcutta pouvait aimer des gens sales, vieux, laids, couverts de plaies et de microbes. C’est pourquoi on peut jurer devant Dieu et devant la société qu’on va aimer son épouse ou son époux, jusqu’à ce que la mort nous sépare, quels que soient les événements que nous rencontrerons dans la vie.

Nous ne pouvons pas nous promettre d’avoir les mêmes sentiments durant toute la vie.
En revanche, oui, nous pouvons avoir un projet commun stable, nous engager à nous aimer et à vivre unis jusqu’à ce que la mort nous sépare, et à vivre toujours une riche intimité.
L’amour que nous nous promettons dépasse toute émotion, tout sentiment et tout état d’âme, bien qu’il puisse les inclure. (AL 163)
— Pape François
L’amour, une route…
L’amour n’est pas tout fait. Il se fait.
Il n’est pas robe ou costume prêt-à-porter,
mais il est pièce d’étoffe à tailler,
à monter et à coudre.
Il n’est pas appartement, livré clefs en main,
mais il est maison à concevoir, à bâtir, à
entretenir, et souvent à réparer.
Il n’est pas sommet vaincu,
mais départ de la vallée, escalades
passionnantes, chutes dangereuses, dans le froid
de la nuit ou la chaleur du soleil éclatant.
Il n’est pas un solide ancrage au port du bonheur,
mais levée d’ancre et voyage en pleine mer,
dans la brise ou la tempête.
Il n’est pas un OUI triomphant,
énorme point final qu’on écrit en musique,
au milieu des sourires et des bravos,
mais il est multitude de « oui » qui pointillent la
vie, parmi une multitude de « non »
qu’on efface en marchant.
Ainsi être fidèle, vois-tu, ce n’est pas :
ne pas s’égarer, ne pas se battre, ne pas tomber,
c’est toujours se relever et toujours marcher.
C’est vouloir poursuivre jusqu’au bout,
le projet ensemble préparé et librement décidé.
C’est faire confiance à l’autre
au-delà des ombres de la nuit.
C’est se soutenir mutuellement
au-delà des chutes et des blessures.
C’est avoir foi en l’Amour tout-puissant,
au-delà de l’amour.
Michel QUOIST, Parle-moi d’amour,
Les Editions Ouvrières, 1989Illustrations Pixabay cco

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