Il y a conflit et conflit!

Nous sommes tous différents, avec des idées, des points de vue, des projets et des comportements différents. Nous nous trouvons donc un jour ou l’autre inévitablement face à des situations de désaccords, sources de tensions et de réactions diverses allant du silence au conflit ouvert.

Mais qu’entend-on par conflit? Comment gérer les conflits au sein de notre couple? Voici les pistes de réflexions que vous nous offrons.

Vous avez dit conflit?

Du point de vue de l’étymologie[1], l’origine du mot conflit vient du latin « conflictus » : choc, heurt, débat, conflit. Ceci suppose un rapport entre deux personnes ou deux éléments, ou encore une combinaison entre personnes et éléments. Le mot conflit dépasse donc largement le seul domaine de la guerre. Il peut vouloir dire combat entre pays ou entre personnes tout comme il peut vouloir dire opposition de sentiments, d’opinion, d’intérêt…

Crise (perturbation d’un équilibre personnel, conjugal ou familial, médical, économique…) et conflit (choc, opposition…) sont intimement liés car un conflit peut entraîner une crise tout comme une crise peut engendrer des conflits dès que deux personnes sont différentes. 

Une fois estompé l’effet des hormones de la passion, les amoureux descendent de leur petit nuage et ils atteignent un stade où les différences sont plus difficiles à accepter au point d’engendrer des conflits parce que la communication humaine reste complexe. Aucun couple n’échappe à cette règle !

Afin de pouvoir faire face au conflit, Gottman et Silver[2] proposent de faire une distinction entre conflits solubles et conflits insolubles.

Conflits solubles

Les conflits solubles sont en général liés à des situations spécifiques et concrètes, sur des questions d’organisation. Quelques exemples :

  • Hélène voit ses amis tous les lundis soir alors que Jonathan voudrait prendre des cours de danse avec elle mais ces cours tombent aussi le lundi.  Hélène tient à retrouver ses amies une fois par semaine.
  • Gaspar et Lynn se sont mis d’accord pour que ce soit lui qui descende les poubelles le mardi mais ces derniers temps, il est surchargé et il oublie.  Les poubelles sont pleines et Lynn est furieuse.

Les auteurs donnent les pistes suivantes pour gérer ces conflits :

a) Démarrer les discussions en douceur, c’est-à-dire :

  • basé sur l’observation de ce qui se passe,
  • en exprimant les sentiments vécus,
  • sans critique de l’autre,
  • avec une reconnaissance de ce qui est ou a déjà été positif,
  • avec une ou des demandes claires,
  • avec un ton sans agressivité car « une dispute se conclut invariablement sur le même ton qu’elle a commencé » !

b) Apprendre à faire et à accepter les tentatives de rapprochements en : 

  • acceptant, écoutant le besoin de l’autre, en recevant les remarques et les demandes,
  • acceptant les reproches s’ils sont justifiés (! un reproche n’est pas un jugement, un qualificatif, il se base sur les faits) ; en s’excusant si nécessaire.

c) Se réconforter soi-même et réconforter l’autre : lorsqu’un problème est soulevé en couple, un reproche exprimé, cela peut engendrer de la tension.  Avant de continuer, il est donc essentiel de

  • faire une pause et de se retirer 20 min chacun de son côté en essayant de s’auto-apaiser ;
  • s’apaiser réciproquement par la présence de l’autre et un essai de se comprendre. A ce niveau, un exercice continu sera utile : dialoguer sur ce qui nous fait « flipper », sur la façon dont nous abordons les sujets qui nous irritent, les façons de s’apaiser seul et réciproquement, les signaux à mettre au point pour faire comprendre à l’autre qu’on est en train de « flipper » et qu’on a besoin d’une pause.

d) Faire des compromis, ce qui suppose d’accepter l’influence de l’autre et d’envisager honnêtement sa position ;

e) Être indulgent par rapport aux fautes de l’autre (ce qui ne veut pas dire tout accepter !!!) ;

…tout cela, en traitant l’autre avec le même respect que l’on traiterait un invité !

Reprenons les exemples vus précédemment et regardons ensemble les solutions qu’on pourrait trouver.

  • Dans le cas d’Hélène et Jonathan, le problème peut être résolu de différentes façons : peut-être peuvent-ils alterner les lundis de cours de danse et les sorties avec les copines ?  Ou peut-être les copines peuvent-elles se réunir un autre soir de la semaine ? Jonathan peut aussi trouver un autre cours, donné un soir différent ou le weekend. Ou encore l’un des deux peut tout simplement céder à l’autre.
  • Dans le cas de Gaspar et Lynn, si Gaspar ne descend pas les ordures, c’est depuis peu et pour une raison précise qui n’a rien à voir avec sa relation avec sa femme. Il est simplement accaparé par son travail. Ce problème peut être résolu de différentes manières : un post-it sur le réfrigérateur ou un rappel dans son téléphone pour le lui rappeler.  Ou bien tout simplement, Lynn peut se charger de la tâche jusqu’à ce que Gaspar ait bouclé son dossier.

Conflits insolubles

Les conflits insolubles et donc permanents peuvent être regroupés en deux classes:

  1. Les conflits liés aux caractéristiques de personnalité, de goût, de tendances, des désirs… qui ne changeront jamais vraiment. Exemples :
    • Alexia adore sortir et François déteste cela car il est plus timide.
    • Eric est un rêveur un peu bohème, il laisse traîner ces affaires par-ci, par-là, ce qui n’est pas pour plaire à Carmen qui a le sens de l’ordre.

Si ces couples sont conscients de leurs différences, en parlent, si chacun met de l’eau dans son vin, est indulgent vis-à-vis de l’autre avec un brin d’humour, ces couples ne résoudront pas le problème mais arriveront à s’en accommoder.

  1. Les conflits liés à des besoins profonds inassouvis qui touchent à la confiance, la sécurité, la reconnaissance… Ils proviennent de soifs anciennes qui n’ont pu être apaisées.  Divers faits, paroles, gestes ou circonstances peuvent réveiller ces soifs qui peuvent alors devenir de réels blocages à la communication. Exemples :
    • Virginie se sent abandonnée quand Jean ne l’aide pas et elle est très sensible sur ce point.
    • Pierre ne supporte pas que Caroline lui fasse une remarque sur sa conduite en voiture car il a l’impression qu’elle ne lui fait pas confiance et qu’il n’est pas capable. 

Pour éclaircir une telle situation, ces personnes devraient pouvoir chercher à identifier leurs besoins profonds et voir si les demandes qui leur sont faites et qui les piquent leur rappellent quelque chose du passé. Une réaction défensive telle que riposte verbale, retrait, critique du conjoint à ses enfants, … peut révéler un problème d’estime de soi et un besoin de reconnaissance.

Gary Chapman[3] explique à quel point il est important de comprendre les « racines émotionnelles de notre réaction pour surmonter ces obstacles à la communication » sachant qu’« une réaction extrêmement forte est presque toujours due à des expériences passées. » Dans ce cas-là, Gary Chapman invite à un exercice d’introspection pour mieux se comprendre personnellement et à un dialogue de niveau 5[4] où l’on s’exprime avec franchise, on l’on cherche à être honnête sans condamner, à rester ouvert en accordant à l’autre le droit de penser différemment et en nous efforçant de comprendre pourquoi. En parler ne résoudra pas nécessairement la source de la réaction mais en la cernant mieux, chacun pourra relativiser davantage. En comprenant mieux la sensibilité de l’autre, on veillera également à s’exprimer sans déclencher la réaction défensive de son conjoint.

Quels sont les extraits de Bible qui peuvent nous éclairer sur la gestion de conflit? Découvrez notre fiche biblique « Approche globale de la gestion de conflit à travers l’Ancien et le Nouveau Testament« 

D’autres pistes plus concrètes pour vous aider à gérer les conflits

  • Prendre conscience de sa gestion de conflits à travers cette piste de réflexion
    • Pensez à vos conflits passés.
    • Comment avez-vous géré vos conflits solubles ? Comment, à la lecture de cet article, pourriez-vous encore mieux les gérer ?
      • Quelles sont vos différences fondamentales ? Quelles sont celles qui sont plus difficiles à vivre ? Comment les vivez-vous ? Arrivez-vous à vous y accommoder ? Comment ? Pourriez-vous y voir une complémentarité plutôt qu’une source de tension ?
      • Vous arrive-t-il d’avoir de vives réactions ? Dans quelles circonstances ? Pouvez-vous y rattacher un souvenir du passé ? Que demanderiez-vous à votre fiancé pour mieux vivre cette blessure ?
  • se faire aider par un tiers, un professionnel comme au Chêne de Mambré
  • suivre en couple des sessions dans lesquelles est abordé le thème de la gestion de conflit :

Article écrit par l’équipe Couples et Familles du Brabant wallon


Bibliographie de l’article:

[1] Sources pour ce paragraphe :

[2] Gottman John-M, Nan Silver, Les couples heureux ont leurs secrets. Les sept lois de la réussite, Ed. JC Lattès, 2000
[3] Chapman Gary, Couple et complices, Editions Farel, 2015
[4] Voir les 5 niveaux de communication selon Gary Chapman

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